Pour celles et ceux qui n’ont pas vu l’émission de Stéphane Bern « Le village préféré des Français » en 2016.

Ce n’est pas récent mais ça importe peu !

Nina Ricci :

habitante éternelle de Courances !

par Arthur Lindon en 2016 – Le Parisien

Comme Claude François à Dannemois, George Sand à Palaiseau ou Michel Audiard à Dourdan, Nina Ricci a choisi l’Essonne pour les dernières années de sa vie. Elle qui aimait tant la mode, le luxe et flâner de boutique en boutique, décida pourtant, dès les années 1950, d’aller vivre à Courances, un petit village de 353 âmes à 60 km au sud de Paris.

Née Maria Adelaïde Nielli, à Turin (Italie), le 14 janvier 1883, elle quitte l’Italie très jeune pour la France. A 18 ans, elle travaille déjà dans l’atelier de la maison de couture Raffin. Mais au début des années 1930, elle souhaite se retirer du monde de la mode et c’est son fils, Robert, qui va la convaincre de créer sa propre maison de couture. Ce qu’elle fait en 1932.

En 1941, sous l’impulsion, une nouvelle fois, de son fils, elle se lance dans la parfumerie. Ce qui va installer durablement la marque dans le monde du luxe.

Espérance Vieira, actuelle maire (SE) de Courances, se souvient qu’« elle venait à la messe tous les dimanches et avait organisé une belle kermesse ». Mais ses visites n’étaient, semble-t-il, pas nombreuses dans le village. Laurence, un pinceau à la main, qui vivait déjà dans la bourgade enfant raconte qu’« elle ne se mélangeait pas trop avec les habitants ». Un voisin ajoute : « On ne peut pas dire qu’elle avait une vie avec les Courançois, elle restait dans le château du Ruisseau. »

Pour l’éternité

La localisation de la demeure qu’elle louait à la famille De Ganay — également propriétaire du château de Courances, l’autre édifice prestigieux de la commune — peut aussi justifier la présence toute relative de celle qui était appelée la Dame blanche. Le château, bien qu’administrativement sur les terres de la commune, se situe en fait en retrait, proche de Moigny-sur-Ecole, sur la route qui relie le village à Milly-la-Forêt.

Aujourd’hui pourtant, Nina Ricci est liée à Courances pour l’éternité. C’est dans le petit cimetière du village qu’elle a été inhumée. Une sépulture sobre mais massive. Un carré mortuaire entouré de chaînes avec une pierre tombale en marbre gris clair en son centre. Sur la stèle, une simple croix avec « Nina Ricci » inscrit en dessous et ses dates de naissance et de décès. Une tombe peu entretenue. « Il n’y a jamais de fleurs, et jusqu’à peu, le marbre était noirci par le temps », détaille encore Laurence.

« Là où elle est, elle est avec son fils », confie un voisin. En effet, ce fils avec lequel elle a toujours entretenu une relation fusionnelle, assurant même qu’il avait été « le seul homme de sa vie », Robert, né en 1905 de son union avec Luigi Ricci, a choisi de reposer à quelques mètres de sa mère, à sa mort en 1988. Une tombe qu’il partage avec sa propre épouse, similaire à celle de sa mère mais sans stèle.

Courances (Essonne). Nina Ricci louait le château du Ruisseau, une demeure un peu à l’écart des habitations, jusqu’à son décès en 1970. La discrète couturière et parfumeuse repose avec son fils adoré Robert, « le seul homme de sa vie », dans le cimetière du village. (LP/A.L.)